Cello sonata
Une semaine s'achève; déjà plus d'un mois dans ce village de montagne; nouvelle vie; le reste s'estompe mais reste présent à certains moments.
Chopin ce soir en regardant la neige omniprésente; et ce soir un ciel d'une pureté totale. Il fait doux et de longs ruisseaux de neige fondue s'écoulent sur la route. Déjà le printemps??

toujours ce silence; pas de voiture. Demain 250 vacanciers regagnent leurs domiciles et 380 arrivent. On s'habitue une semaine à certains visages, qui disparaissent ensuite pour être remplaçés par de nouveaux.
Demain, aussi, une autre arrivée, une personne qui vient passer le week end chez moi; sourire, en pensant aux méandres de la vie, à ses hésitations, ses balbutiements, ses imprévus. le paysage de ses dernières années défile devant mes yeux en écoutant cette sonate pour violoncelle. Des échecs, des regrets toujours tellement présents mais la vie qui continue comme cette glace qui fond doucement du toit, vers un ailleurs, pour autre chose. Nulle nostalgie ni tristesse. Mais des souvenirs gravés à jamais et qu'on n'oublira pas.
La passion est abstraction. Né pour la quantième fois? Voir renaître en soi une personne qu'on ne connaissait pas et qu'on continue de découvrir; multiples visages, capable d'être enfin soi-même. Sans artifices, ni dissimulation, ni mensonge. Juste être. Soi.
Une phrase ce soir, tiré de la préface du livre de Kaïkan, l'amiraute poète maitresse de son navire sur des flots passionnés et magiques.
" nostalgie du visage
qui n'était point
assez aimé
à l'heure du passage
je voudrais
du geste retenu
du mot salvateur
t'honorer de loin"
"Testament" M.L. (je ne sais si tu souhaites garder l'anonymat, Kaïkan)
Chopin pour finir; je rentre d'une balade dans la neige le regard planté dans les étoiles entre blanc et argent. Demain, un autre jour.
" Chopin, frère du gouffre, amant des nuits tragiques
âme qui fut si grande en un si frêle corps"
(les névroses / M.Rollinat)
photo pascal st sorlin 17 01 08