El Che

Publié le par Pascal

 

40 ans qu'il est mort, dans une jungle bolivienne, exécuté par les forces militaires, avec l'aide de la CIA.

Symbole, mythe révolutionaire... qui ado, dans les années 70, n'avait le célèbre portrait du Ché avec son béret noir frappé de l'étoile, au dessus de son lit??

dans ma chambre, il cotoyait Jimi Hendrix, Martin Luther King, Jim Morrison et Mao !!!  (et Bo Dereck !!! )

"hasta la revolucion" " libertad o muerte" ... "el pueblo unido jamas sera vencido" ... on chantait dans les manifs anti us pendant la guerre du Viet Nam, ou que Franco avant d'agoniser, faisait garoter à mort ses derniers prisonniers politiques.

Ou pendant que la Monéda était bombardée par l'armée chilienne à Santiago et qu'Allende s'écroulait, une arme à la main; en pensant à Pablo Neruda. Ou a Victor Jarra, poète, les mains tranchées par une hache dans un certain stade de Santiago.

 

Mais el Che.. "au pouvoir" à Cuba, instaure des tribunaux d'exception sans aucune justice..et les condamnés à mort par centaines.. Retour à la réalité..

Comme au Cambodge..Ho Chi Minh et les paysans révolutionnaires, en guerre contre l'impérialisme us de Nixon..qui a ensuite accouché de Pol Pot et des kmers rouges..et 3 millions de Cambodgiens morts !!! (Robespierre, Danton, pour commencer... que ne fait on pas au nom du peuple....une suite logique ensuite.. Staline, Mao.. etc)

le mythe perdure, occultant ces "dommages collatéraux" comme on dit pudiquement!).

Mais ce mythe..un argument commercial depuis des années.. (qui touche les royalties des "produits dérivés": posters, berêts, t.shirts, gadgets etc??)

 

 

Sans oublier les cigarettes, les sodas... business..en us$

La Havane est une ville superbe. Charme de l'architecture espagnole du quartier du Viel Havane, classé patrimoine mondial par l'Unesco. Ou le Malecon le long de la mer, et les facades des immeubles rongées par la lèpre du sel et de l'humidité.

Le Che et Fidel sont partout, au milieu de centaines d'énormes voitures us des années 50, du temps de Batista. Gloire à la révolution. Mais le touriste obligé de payé en us$..

Minuit sur une petite place face à une église espagnole toute bleue, un café en terrasse. Mojito et langouste grillée au citron vert. La révolution semble loin tout d'un coup.

Nuit tropicale et Ibrahim Ferrer; le Buena Vista Social Club

"Hoy siente gran emocion

voy a cantarle a mi tierra

a esa famosa region

llamada perla surena

su mujer es un primor

radiante como una estrella

y por su elegante andar

la admiran en Cuba entera"

 

un livre, lu pendant mon adolescence, et retrouvé il y a quelques mois chez un bouquiniste. Qui m'avait marqué.

Régis Debray (qui a été un moment en Bolivie rejoindre le Che, et a été emprisonné pendant 4 ans pour activités subversives).

"L'indésirable"  . Franck, parti pour épouser l'histoire en Amérique du sud découvre au fil des combats la pesanteur de l'âme européenne. trop lucide pour croire en efficacité, mais trop actif pour se repaitre de ses doutes. 

Il choisira de disparai^tre plutot que devoir choisir entre le jour et la nuit.

Livre relu avec plaisir.

 

 

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Publié dans arachnee

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V
Le Che fait figure d'icône car il était en quelque sorte Le Libérateur mais n'est ce pas dangereux d'être trop passionné ? entre image charismatique du Che et son intransigeance qui l'a conduit à être un monstre parfois, qui était il vraiment ?<br /> pas assez calée sur son histoire, je crois que je vais acheter le livre de jacobo Manchover.
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P
Oui Dunia, le contexte de Cuba, années 50..Batista, corruption, mafias...<br /> Tout devient commercial.. et sans limite !!<br /> J avais meme vu l'été dernier sur un marché à Lyon des gamins avec des t shirts à l'effigie de Ben Laden ... en faire un héros... lui caché dans les montagnes afghanes...
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D
D\\\'accord avec Katrat cependant... je rappelle que la révolution cubaine a eu lieu -entre autres- parce que Cuba était devenue une île corrompue ou sévissaient toutes les mafias américaines qui profitaient à fond du peuple cubain. Malheureusement l\\\'être humain n\\\'est capable que de remplacer l\\\'inacceptable par l\\\'intolérable. Quant au Che c\\\'est vrai qu\\\'il figurait en bonne place dans ma chambre de fillette d\\\'anti-franquistes. Qu\\\'il soit devenu emblême commercial m\\\'insupporte.
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P
Curieuse  (ok tu as oublié de changer ton pseudo.. pas grave!!... je sai qui tu es )<br /> merci pour ce très beau texte; grand plaisir à le lire. 
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C
Voyage voyage, encore et encore – traversant le temps. De Cuba en Egypte. Dulce Maria Loynaz (1902-1997),<br /> la Grande Dame<br /> de la littérature cubaine.<br />  <br /> <br /> Encore plus, elle est Cuba. Ses frangipaniers, son sang, son ombre.<br />  <br /> <br /> En naissant elle est déjà un mythe : fille du Général Loynaz del Castillo, le grand libérateur de Cuba. (indépendance en 1898). De sa vie Dulce a traversé le siècle et ses dictateurs, vivant jusqu’à sa mort en 1997 à<br /> La Havanne<br /> dans le palais familial, son « île », se nourrissant de littérature et des odeurs du jardin.<br />  <br /> <br /> Je vous propose d’elle « Lettre d’amour à Toutankhamon ». Ecrit au cours d’un voyage qu’elle a fait en Europe et en Egypte en 1928 - on venait de découvrir la tombe de Toutankhamon.<br />  <br /> <br /> Le charme de l’écriture dans ce poème atteint le magique, sans le briser. Idéal de pureté et désir terrestre se retrouvent non pas confrontés l’un à l’autre, mais emmêlés dans une délicate tresse sans âge.<br />  <br /> <br /> Jeune Roi Toutankhamon. <br />  <br /> <br /> Hier soir, j'ai vu au musée cette petite colonne d'ivoire que tu as peinte toi même en bleu, rose et jaune. Pour ce petit objet futile et sans utilité dans notre existence rustre, pour cette simple petite colonne coloriée par tes mains fines, telles des feuilles d'automne, j'aurais donné les dix plus belles années de ma vie, elle aussi futile et sans utilité … Dix année d'amour et de foi. Près de cette petite colonne j'ai vu aussi, jeune Roi Toutankhamon, j'ai vu hier soir, un de ces soirs clairs de ton Egypte, j'ai vu de mes yeux ton coeur enfermé dans un coffret en or. Pour ce minuscule coeur de poussière, pour ce coeur enfermé dans un coffret d'or et d'émail, j'aurais donné mon coeur à moi, encore jeune et tiède, encore pur. Parce que hier soir, Roi plein de mort, mon coeur a battu pour toi, plein de vie, et ma vie s'est mêlée à ta mort, et la faite fondre me semblait-il… Oui, elle l'a faite fondre cette mort dure et collée à tes os, avec la chaleur de mon haleine, avec le sang de mon rêve, et l'amour et la mort, versés l'un dans l'autre, n'en finissaient pas de m'enivrer de mort et d'amour… Hier soir, un soir d'Egypte constellé d'ibis blancs, j'ai aimé tes yeux intouchables à travers le cristal… Un soir il y a longtemps, un soir de la même Egypte où les oiseaux éparpillaient la lumière, tes yeux étaient immenses et fendus jusqu'à tes tempes frémissantes…Et ce soir-là, un soir semblable à celui d'hier soir, tes yeux s'ouvraient et se fermaient sur la terre comme deux lotus mystérieux. Des yeux rougeoyants, de la couleur du couchant et des eaux du Nil après les pluies de Septembre. Tes yeux étaient maîtres d'un empire, maître de villes fleuries, de gigantesques pierres millénaires, de champs semés jusqu'à l'horizon, d'armées victorieuses au-delà des sables de Nubie, ces archers habiles, ces auriges altiers, gravés sur les hiéroglyphes et les monolithes dans ce mouvement immobile à jamais. <br />  <br /> <br /> Tout était dans tes yeux, Roi tendre et puissant, tout t'était destiné avant même que tu saches regarder… et tu n'as jamais eu le temps de regarder. Aujourd'hui tes yeux sont fermés, et tes paupières couvertes de poussière grise. Tes yeux n'ont de vie que cette poussière, cendre de tes rêves consumés. Aujourd'hui entre tes yeux et mes yeux, il y a ce cristal qui ne sera jamais brisé… Pour tes yeux que je ne pourrais jamais ouvrir de mes baisers, je donnerais mes yeux à qui voudra, mes yeux avides de paysages, voleurs de ton ciel, maîtres du soleil du monde. Je donnerais mes yeux vivants pour sentir une minute ton regard, ce regard venu de trois mille neuf cents ans… Pour le sentir une seule fois se poser sur moi, vibrante et figée sous le halo pâlie d'Isis.  Jeune Roi Toutankhamon, mort dans sa dix-neuvième année; laisse-moi te dire ces folies que peut-être personne ne t'a jamais déjà dites, laisse-moi te les dire dans la solitude de ma chambre d'hôtel, dans le froid de ces murs partagés avec des étrangers, plus froids que les murs de ta tombe que tu n'as pas voulu partager. Je te les dis à toi, Roi adolescent, gravé toi aussi de profil dans ta jeunesse immobile, dans ta grâce cristallisée… Gravé dans ce geste qui interdisait le sacrifice des colombes dans le temple du terrible Amon-Râ.<br />  <br /> <br /> Je te verrai toujours ainsi, dressé face aux prêtres malveillants, dans un geste d'aile blanche…<br />  <br /> <br /> Il ne me restera rien de toi sinon ce rêve, car tu m'es refusé, interdit, infiniment impossible. Et pendant des siècles et des siècles, tes dieux continueront de veiller sur toi, à jalouser jusqu'à la dernière mèche de tes cheveux. Je pense que tes cheveux étaient lisses comme la pluie la nuit… Et je pense que grâce à tes cheveux, tes colombes et tes dix-neuf ans si près de la mort j'aurais été ce que je ne serai jamais plus, un peu d'amour.<br />  <br /> <br /> Mais tu ne m'as pas attendu. Tu as continué à marcher sur ton rayon de lune. Tu ne m'as pas attendu, tu es allé à la mort comme un enfant va dans un parc avec tous ses jouets, sans se lasser de jouer…Suivi de ton char d'ivoire et de tes gazelles fringantes… Si les gens sensés ne s'en seraient pas indignés, j'aurais bien embrassé tes jouets, tes lourds jouets en or et en argent, jouets étranges avec lesquels les enfants d'aujourd'hui, tout à la boxe et à la balle au pied, ne sauraient plus jouer.<br />  <br /> <br /> Si les gens sensés ne s'en seraient pas scandalisés, je t'aurais enlevé de ton sarcophages en or, lui-même enfoui dans trois sarcophages en bois, et dans un grand sarcophage de granit, je t'aurais bien enlevé de cette profondeur sinistre qui te rend encore plus mort pour mon coeur effronté que tu fais battre… qui a battu seulement pour toi, Ô Roi très doux !… ce soir si clair d'Egypte… dans les bras de lumière du Nil. Si les gens sensés ne s'en seraient pas mis en colère, je t'aurais délivré de tous ces sarcophages, j'aurais déroulé les bandelettes qui serrent ton corps frêle et t'aurais enveloppé tendrement dans mon châle<br />  <br />
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