Un jardin
Elle me dit "qu'as tu fait pour mériter de me posséder?" Sa chevelure s'était répandue sur ses épaules nues, et ses mains me repoussaient.
Elle me dit encore "ignores-tu que l'amour est un combat? ô toi homme accepterais tu de triompher sans livrer bataille? ".
Elle sourit avec dédain, puis elle recula dans l'ombre. Ses yeux rencontrèrent mes yeux et mon coeur eut un frisson.
"Qu'as tu fais pour mériter que je m'abandonne dans tes bras, ô toi qui a reçu plus de blessures que Dhâl, la panthère enchantée; craindrais-tu la souffrance d'amour?"
J'ai pris doucement ses mains et j'ai murmuré "peut-être".
Le crépuscule commençait. Jaloux le soleil s'était-il couché parce qu'elle avait consenti à m'apparaître nue?

Elle laissa ses mains dans les miennes et répéta: "qu'as tu fais pour mériter de me posséder?"
Que pouvais-je répondre? Je posais mes mains sur ses seins nus et elle se cambra.
Ne savait-elle pas que j'allais être victorieux?
Au loin dans la plaine, un pasteur attardé chantait une chanson joyeuse.
Je lui ai dit "écoute". Elle a fermé les yeux.

Extrait "Jardin des caresses " auteur arabe traduit par Toussaint Franz
Aquarelles : Grégoire Hénon / extraits "le jardin des caresses" G.Leleu.