Présence
"Il est resté dans ma chambre une odeur fine et flaneuse qui me suit.
C'est l'âme attendrie de nos caresses, voltigeante le long des murs,
comme ce papillon de nuit, fait de nacre et d'argent, qui tourne et meurt
au pide du chandelier.
je crains de la chasser; elle émane de ton ardeur, et c'est quelque chose de toi
qui s'enfuirait.
J'ai laissé durant le jour le désarroi de la nuit.
J'ai laissé les coussins écrasés, les toiles pendantes, le sillon que ta forme a creusé.
C'est là que, sur ton ombre, je viendrai m'étendre.
A la fenêtre, le rideau bat comme une aile, le chaud parfum va et vient,
comme ta main prometteuse sur mes cheveux, comme ta lévre
ensorcelante sur mon cou, comme ton amour qui mène sa glorieuse galère dans
mon coeur palpitant"Un petit texte écrit dans un petit cahier il y a quelques mois. je ne me souviens plus de l'auteur..
peut être ce soir à redécouvrir, en fermant les yeux, en se souvenant d'une absence trop présente.
Ou d'une présence trop absente.
Rachmaninov, sonate pour piano n°1 pour accompagner ma nuit.
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