Es muss sein

Publié le par Pascal

 

Qu’est il resté des agonisants du Cambodge ? une photo d’une star américaine tenant dans ses bras un enfant.

Qu’est il resté de Toma ? une inscription « il voulait le royaume de Dieu sur terre ».

Qu’est il resté de Beethoven ? un homme morose à l’invraisemblable crinière qui prononce d’une voix sombre « Es muss sein ».

Cette phrase va revenir comme un leitmotiv sur les 460 pages de ce livre « l’insoutenable légèreté de l’être » de milan Kundera. Longtemps qu’un livre ne m’avait pas autant « interpellé ».

Au début cela part un peu dans tous les sens. Des personnes incarnant de grandes idées. Sur fond de printemps de Prague, l’invasion soviétique, la résistance, la police secrète, l’exil.

Des personnages centraux, avec une narration un peu spéciale.

Tomas qui cherche un sens à sa vie, libertin et amoureux passionné des femmes, Tereza, la plus morale qui cherche l’amour pur, Sabina, maitresse de Tomas, libertine qui incarne la légèreté..

Et puis Franz, marié mais qui vit une histoire d’amour avec Sabina en Suisse.

Légèreté et pesanteur. Ces deux notions fondent le livre. Recherche du plaisir immédiat , passion, mais sans entraves, recherchant avant tout la liberté.

La pesanteur à l’inverse, entre des principes, une morale rigide, incarnés par Tereza et Franz.

Légèreté tellement pesante qu’elle en devient insupportable.

Il revient aussi très souvent sur la notion de kitsch « station de correspondance entre l’être et l’oubli » Kundera le définit comme un voile de pudeur que l’on jette sur la « merde » de ce monde, kitsch utilisé par toutes les grandes idéologies (kitsch catholique, protestant, juif, communiste, fascite, démocratique, féministe, européen, américain.. )

Es muss sein, disait Beethoven. Il le faut.

 

 

Ou bien, comme l’a aussi pensé Tomas « Es könnte auch anders sein » (cela aurait très bien pu se passer autrement).

 

insoutenable.jpg

Publié dans arachnee

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Anne-Marie 29/11/2010 13:16


Oui...oui... je prend les bises ensoleillées !!!
Merci Pascal.
Bonne journée.


Anne-Marie 29/11/2010 10:08


tu as tout a fait raison...histoire de couple infernal !
Cette fois-ci c'est moi qui "sèche", de quelle chanson parles-tu ?
Bizzes neigeuses.


Pascal 29/11/2010 12:28



"avec le temps"...qu'il a écrit bien après quand les cicatrices se sont un peu refermées, qu'il avait fait son deuil dans la douleur de sa relation avec Madeleine. Bises ensoleillées.



Pascal 27/11/2010 11:17


Très cruelle ! Il faut quand même souligner qu'elle avait abattu Pépée à coups de révolver car Ferré avait trop de tendresse pour son chimpanzée! Où va se nicher la jalousie! Et il en fera une
autre chanson plus tard...


anne-marie 26/11/2010 13:22


En effet,c'est Pépée...une autre magnifique chanson mais très cruelle envers sa femme. (la douleur de la perte sans nul doute..)
Bon week end...glacial !!!
Bizzzes


Dana 25/11/2010 18:51


Tu peux voir l'interprétation dont parle Anne-Marie sur youtube, tu tapes "léo férré-muss es sein es muss sein";
Pourquoi on peut pas faire du copier-coller sur OB ???


Pascal 26/11/2010 12:26



Oui merci Dana, j'ai trouvé!