Je touille mon café; sans sucre. Cela me conforte dans l'idée que je sauve ainsi un peu
la planète. Et le trou de la sécu. C'est le matin qu'il faut philosopher, en écoutant les pub Carrefour
et les éco-détergeants qui lavent plus blanc sans rendre grise la vie des nounours du pôle.
Plus tu consommes, plus tu sauves!
Faculté rare de penser tôt le matin, non? Et puis je me parle à moi-même. Comme je m'entends bien
avec moi on est pas souvent en désaccord. Même si mon cerveau parfois a des vélléités d'indépendance, que je matte
d'une manière féroce, - d'ailleurs dénoncé par la Ligue des défenseurs des cerveaux libres - Une connerie!
Et toi tu fais quoi pendant que tu me lis? tu glandouilles au bureau, tu passes l'aspirateur en chantant maison créole?
Pas la moindre contrition ou quelques remords à la remorque? Penser à la pause café près du photocopieur.
Mon café et mon jus de pamplemousse. C'est un rite le matin. Ne pas déranger, homme féroce.
Et cette nuit j'ai découvert l'empathie pour les crustacés et autres mollusques; toujours injustement décriés.
Ma pauvre Monique tu as le QI d'une palourde!
Tu sais ce qu'elle te dit la palourde? merde! et sa vie est faite de mille petits plaisirs qui te seront
jamais interdits.
Comme un pétoncle ou un bigorneau. C'est dans l'ordre des choses, merci Darwin.
Mon café est froid. Le mettre 4 minutes au micro. Il bouille, salope tout l'intérieur du-dit micro.
II vit sa vie et a décidé de me pourrir mon début de journée.
Petite vengeance personnelle mesquine!
Mais la palourde s'en fout.
Elle est libre et même certains disent qu'ils l'ont vue nager pour quelques relations malsaines avec les moules.
Et les huitres? silence au fond des bassin; destruction massive prochaine sur l'autel de vos turpitudes festives.
Elles exigeraient bien le libre arbitre.
Comme le mien, en touillant à l'envers avec une fourchette à huitres mon café sans sucre.
C'est important l'envers, surtout quand c'est en noir.
Et je feuillette l'ouvrage à cornes. Comme l'Oeuvre au noir sauf que Yourcenar est morte. Et qu'elle n'a jamais écrit une ode aux gastéropodes.
Ni aux pintades, bordelaises ou d'ailleurs. mais quel ailleur d'ailleurs? Aie l'heure.
Et les ex-oies blanches exilées en Helvétie? Reblanchies par quelques neiges précoces.
Et les dindes qui aimeraient bien se faire farcir plus souvent. C'est pas correctement correct.
Levi Strauss n'a jamais porté de jeans. Et "l'exotisme des uns est le quotidien des autres".
Mon exotisme présent c'est un café, toujours noir et de plus en plus froid. Même pas équitable.
Egoïsme assumé et comme un début de cafard laqué.
INXS if. Avec le matin d'un faune suivi d'un lapin blanc.
Juste trouver l'équilibre; instable, forcément instable.
Il n'y a plus de café. Alors une pulpe d'écorces de noyaux de jus de racines de plantes d'arbres.
A macérer avec modération.
Histoire de tout nettoyer.
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