banlieue

Publié le par Pascal

Ségolène en banlieue il y a quelques jours, à Clichy je crois là où sont morts les deux gosses et le début des émeutes en 2005. Je veux bien qu'elle promette de résoudre définitivement les "problèmes" (comme on dit pudiquement) des banlieues. Meme si je doute quand meme ..Depuis 81 la gauche a été au pouvoir un certain nombre d'années me semble t il...Et le retour de la police de proximité ne résoudra pas grand chose.

Pascal Bruckner " la tyranie de la pénitence", essai sur le masochisme occidental / Grasset.

" Portrait du damné de la terre en rebelle consommateur. On rattache en général les banlieues d'Europe de l'ouest à deux grands récits : celui des classes laborieuses et celui de la décolonisation. On voudrait y voir l'alliance de l'insurrection ouvrière et du combat anti-impérialiste. Or les émeutiers de novembre, si déshérités qu'ils soient sont d abord les enfants de la télévision et du supermarché. Ce qu'ils réclament ? comme dit l'un deux " de la thune et des meufs", pas la révolution prolétarienne, ni l'éradication de la pauvreté mais le simple décalque du rève marchand. Nés français, leur couleur de peau mais surtout leur origine sociale, leur adresse constituent une barrière infranchissable. Déscolarisés, sans emploi, harcelés par les forces de l'ordre, voulant tout tout de suite comme chaqu'un de nous dans cette société individualiste, ils n'ont rien à perdre, ne sont porteurs d'aucun projet sinon vomir leur haine de la police, brûler crèches, écoles bibliothèques, supermarchés; démarche suicidaire qui vise à les couper encore plus du reste de la nation;.... reste que cette rage manifeste une véritable allergie à la culture ouvrière, quand ces émeutiers imberbes attaquent conducteurs de bus, de train, saccagent les équipements collectifs, terrorisent petites gens et employés qui cohabitent avec eux dans les barres d'immeubles, et voient partir en fumée leur seul instrument de travail, leur voiture. Mais étrange timidité, on ne brûle pas les voitures dans les quartiers riches, comme si les émeutiers avaient déjà intériorisé leur exclusion. " 

Publié dans arachnee

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Sylviam qui oublie de changer son pseudo 03/03/2007 14:58

On ne brûle pas les voiture dans les quartiers chics ... Tiens c'est vrai ça ! Faut dire aussi que lesdits quartiers ne bénéficient pas du résultat des élucubrations architecturales des " quartiers " de banlieue ( je n'emploie pas volontairement le terme de " cité " qui a le donc inexplicable de me filer de l'urticaire ) : immenses parkings où se trouve toute la matière à faire exploser leurs talents de pyromane, avec des voitures souvent de peu de valeur  - vénale bien sûr, parce qu'humainement parlant, c'est autre chose - , les véhicules plus cossus étant enfermés dans des garages moins propices  à l'exercice de leur art .  Pas facile de débouler à quelques uns  dans les beaux quartiers, et surtout , quand on n'est plus dans son élément, on est nettement moins hardi parce qu'après il faut bien repartir, et vite ... A l'instar des villes nouvelles ( j'ai toute une panoplie de termes pour éviter celui qui me stresse !), les voitures sont " garagées " pour la plupart, surveillées, gardiennées, alarmisées .... Moins facile ...Pour le reste, je suis entièrement d'accord pour la pauvreté de leurs revendications, celles des enfants de la télé , où ils n'y ont jamais vu que personnes oisives et riches, argent facile, violence permanente et impunité totale, la plupart du temps, les méchants sont des héros.  A leur âge, on philosophait, on refaisait le monde,  on revendiquait nos idéaux... Mais comme diraient les habitants du Mans, nous n'avons pas ( plus ) les mêmes valeurs !Bon en attendant moi aussi je veux bien avoir plein de thune sans rien faire , mais mon patron n'est pas d'accord ... Pas sûr que j'aie gain de cause si je brûle sa voiture dans les parkings du siège social ...

le kangoo 03/03/2007 08:39

Que de vérité dans ce texte fabuleux, que je peux aussi rapporter à une autre histoire qui me touche... En résumé, lors des premières tentatives de paix au Mozambique, connaissant un des médiateurs, il m'a appris que ce que réclamaient les révolutionnaires étaient ce genre moderne de liberté : Maison, boulot, thune, gonzesse, belle bagnole... et surtout la Télé !!! Comme quoi les revendications sont les mêmes autour de la planète...!