"Sous l'éternité épaisse, le ciel.
Livré aux sables, il interroge la pierre, la muraille, l'enceinte.
Un astre s'est éteint, ce matin, sur la rosée. C'était un enfant.
Le pays est enveloppé de silence, de nuages et de bleu.
La derrière ce mur qui s'élève et te sépare de la vie, des mains s'agitent.
Quelle vie ? me diras tu.
Celle qui a habité ton rève.
Sous l'étreinte de l'absence un sanglot.
La lune éclaire la terre ocre de ton village. Une terre qui bouge. Elle avance nue vers la foret. Les étoiles sont là. Elles pleurent ce ciel indifférent pendant que ton corps s'étire dans le temps et perd la mémoire, écume d'une mer qui s'éloigne. D'ailleurs tout s'éloigne, l'olivier, le verger, le ruisseau, la voix. Recouverts d'une brume légère ou d'un voile. "
Tahar Ben Jelloun "Moha le fou, Moha le sage"



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